Contexte géographique ...

Sainte-Eulalie est une commune du centre-ouest du département de l’Ardèche, à quelques kilomètres du célèbre mont Gerbier de Jonc, dans la très haute vallée de la Loire. Cette région est communément appelée la Montagne par les ardéchois. Le paysage  est ici celui d’un vaste plateau, dont l’altitude moyenne varie entre 1100 et 1200 m. Des reliefs saillants - les sucs dans le dialecte local - d’origine volcanique, dépassent les 1500 mètres d’altitude. 

 

Par cette région, aux confins des anciens Velay et Gévaudan, le Vivarais accède au cœur du Massif central. Plus que le relief, c’est le climat qui caractérise la Montagne vivaroise. L’hiver y est rude et la Montagne demeure un carrefour climatique où se confrontent les influences atlantique, montagnarde et méditerranéenne. Le massif du Mézenc-Gerbier au sens large est la seule haute terre du Massif central à pouvoir sécher ses foins sur pré grâce aux étés secs et donc à les stocker ensuite dans le fenil des fermes. D’où la possibilité des habitats permanents en altitude, les plus hauts de tout le Massif central là.  C’est la profonde originalité de ce pays. La saison dominante est l’hiver, qui peut durer six mois. En plus de la neige et du gel, le vent complète la dureté de ce climat. Il souffle, du nord ou du sud, dépassant parfois les cent kilomètres par heure et se transforme en véritable blizzard, la Burle, qui soulève la neige déposée au sol. 

L’altitude et l’âpreté du climat constituaient donc d’important obstacles, compensés néanmoins par une bonne insolation et un bon régime de précipitations. Les hommes des Hautes terres ont donc été amené à se passer des cultures délicates et à ne compter que sur quelques plantes robustes, comme le seigle, l’avoine et plus tard les pommes-de-terre. Mais ce sont surtout les herbages de grande qualité qui ont favorisé la mise en valeur de ce terroir et une sédentarisation des habitants. La qualité de l’herbe qui pousse à profusion sur ces hautes terres est un atout pour ces contrées inhospitalières. La prairie comprend à la fois des prés de fauche et des pâturages. Les sols enrichis par le volcanisme donnent une herbe courte, serrée, savoureuse et très nourrissante pour les bovins et ovins. La valeur de ces prairies a été reconnue depuis longtemps et lui a valu une incontestable vocation pastorale et d’élevage. Ainsi, depuis le Moyen Âge, l’économie de la Montagne vivaroise était surtout basée sur l’élevage de bétail, vendu lors des nombreuses foires, au printemps et à l’automne. Les troupeaux locaux de bovidés voisinaient avec les immenses troupeaux de moutons qui venaient estiver sur la Montagne.